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Tes tarifs ne sont pas un problème de prix, c'est un problème de visibilité

Un article sur la tarification des thérapeutes révèle un mécanisme universel : on sous-facture quand on ne sait pas attirer de clients. Le vrai levier, c'est le pipeline, pas le courage.

Tes tarifs ne sont pas un problème de prix, c'est un problème de visibilité

Le réflexe qui tue ton activité

Quentin Merle du Bourg pose un constat que tout indépendant connaît : quand on se lance, on regarde ce que font les autres et on met "un petit peu moins cher, comme ça ce sera compétitif". Il raconte le parcours de sa mère, thérapeute, passée de 20-30 euros la consultation à 90-120 euros pour la même séance. Résultat : pas moins de demandes.

Ce constat est juste. Mais il manque la moitié de l'équation.

L'article dit : augmentez vos prix, vous attirerez de meilleurs clients. C'est vrai. Mais personne ne répond à la question qui bloque vraiment : comment tu augmentes tes prix quand ton agenda est vide et que tu n'as aucun flux de prospects entrants ?

La réponse courte : tu ne peux pas. Pas durablement. Pas sans un pipeline.

Sous-facturer, c'est le symptôme. L'invisibilité, c'est la maladie.

L'article identifie quatre leviers de prix : la situation désirée du client, la probabilité perçue d'atteindre l'objectif, le délai, et l'effort demandé. C'est le framework de valeur classique popularisé par Alex Hormozi, que Merle du Bourg adapte au monde de la thérapie.

Tout ça tient debout en théorie. En pratique, un indépendant qui sous-facture ne le fait pas parce qu'il ignore ces quatre leviers. Il le fait parce qu'il a peur que personne ne vienne.

Quand tu n'as pas de machine pour générer des demandes entrantes, tu es en position de mendiant. Tu prends ce qui passe. Tu baisses tes prix pour ne pas perdre le prospect qui est devant toi. Tu acceptes des clients que tu n'aurais jamais dû accepter.

Le vrai problème n'est pas le manque de confiance. C'est le manque de flux.

Un opérateur qui publie du contenu sur trois plateformes, qui a une newsletter, qui a un système de nurturing par email, celui-là peut se permettre de refuser un prospect mal calibré. Parce qu'il sait qu'il y en aura un autre demain.

La confiance dans tes prix est un sous-produit direct de ta capacité à attirer des clients. Pas l'inverse.

Le mastermind à 50 000 euros et ce qu'il ne dit pas

L'article mentionne un mastermind à 50 000 euros avec Sam Ovens, où le prix élevé servait de filtre pour n'avoir que "des gens super investis". C'est un argument valable, mais il cache un prérequis énorme : Sam Ovens avait un pipeline de plusieurs milliers de leads par mois avant de pouvoir facturer 50 000 euros.

Personne ne vend un mastermind à 50 000 euros sans une machine derrière. Pas de contenu omniprésent, pas de tunnel éprouvé, pas de preuve sociale visible, pas de prix premium. Dans cet ordre.

Pour un thérapeute, un consultant, un freelance B2B, la logique est la même. Le prix premium n'est pas un acte de volonté. C'est une conséquence mécanique. Tu construis ta visibilité, tu génères un flux, tu filtres par le haut. Le prix suit.

Dire "augmentez vos tarifs" sans parler d'acquisition, c'est dire à quelqu'un de nager plus vite sans lui apprendre à nager.

Ce que ça change concrètement pour un opérateur B2B

Premier point : si tu passes plus de temps à justifier tes prix qu'à produire du contenu, tu as inversé les priorités. Le contenu construit l'autorité. L'autorité justifie le prix. Pas de raccourci.

Deuxième point : les "clients chiants" attirés par les prix bas dont parle l'article ne disparaissent pas quand tu augmentes tes tarifs. Ils disparaissent quand ton contenu pré-qualifie les gens avant le premier appel. Quand un prospect a lu dix de tes articles, écouté ta newsletter, vu ta méthode exposée en public, il arrive déjà convaincu. Il ne négocie pas. Il ne demande pas de remise. Il demande comment on commence.

Troisième point : le passage de 30 à 120 euros décrit dans l'article ne s'est pas fait en un jour. Il s'est fait à mesure que la réputation s'est construite. La réputation, aujourd'hui, c'est du contenu distribué de façon systématique. Pas du bouche-à-oreille passif.

La vraie question

L'article de Merle du Bourg a le mérite de poser un tabou : oui, tu as le droit de vouloir gagner plus. Oui, tes prix sont probablement trop bas. Mais le conseil "augmente tes tarifs" sans plan d'acquisition, c'est comme dire "cours plus vite" à quelqu'un qui n'a pas de chaussures.

Ta capacité à attirer des clients, c'est ton ascenseur social. C'est aussi ton ascenseur tarifaire.

Alors la question : est-ce que tu passes plus de temps à réfléchir à tes prix, ou à construire le système qui rendra cette réflexion inutile ?

Source : Fixer ses tarifs lorsqu'on est thérapeute - Quentin Merle du Bourg


Plus sur le pipeline B2B dans Le Journal.

// Sources

Quentin Merle du Bourg · Fixer ses tarifs lorsqu’on est thérapeute · 14 juillet 2022

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